Photo de Pierre Acobas

Écailles

Installation plastique de Julien Bouley (France)

présentée le 30 juin 2018 à Saint-Vit (France, Doubs)

L’on nous permettra 
la coquetterie de l’étymologie : un trophée est un arbre abattu. Les trophées s’élevaient sur 
la déroute de l’ennemi et l’on montait avec ses armes abandonnées ou prises au combat un monument manifestant la victoire. Tropè ou la débandade et l’arbre abattu… Il y aurait donc dans chaque trophée le souvenir d’une défaite, d’une mort à célébrer. Cette hantise toute sémantique revient chez Julien Bouley chatouiller notre lecture d’une pièce qui dit de ces curieuses écailles étendues sur un grillage qu’elles manifestent surtout l’exhibition triomphante d’une vie qui fut. La forêt est sans cesse cette fabrique de mort
 et de vie, les branches tombées, les coquilles et les pierres se décomposant pour redonner au terrain sa vigueur et sa fertilité. Pour que tout recommence.